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ⓘ Forteresse de Mimoyecques




Forteresse de Mimoyecques
                                     

ⓘ Forteresse de Mimoyecques

La forteresse de Mimoyecques est un ancien bunker de la Seconde Guerre mondiale situé à louest du hameau de Moyecques, sur le territoire de la commune de Landrethun-le-Nord dans le département français du Pas-de-Calais. Portant les noms de code Wiese et Bauvorhaben 711, il fut construit par lAllemagne nazie entre 1943 et 1944 pour abriter une batterie de canon V3 visant Londres.

Linstallation était composée dun réseau de tunnels creusés sous une colline crayeuse reliant cinq puits obliques chacun devant accueillir cinq canons V3. Orientés en direction de Londres, les canons auraient été capables de tirer près de 600 obus par heure sur la capitale britannique, ce qui aurait constitué daprès Winston Churchill lattaque la plus dévastatrice qui soit. Les Alliés ignoraient tout du canon V3 mais supposèrent que la forteresse de Mimoyecques était une base de lancement de missiles V2. À partir de lautomne 1943, le site fut sévèrement bombardé à plusieurs reprises et les travaux de construction furent abandonnés quelques semaines avant larrivée de la 3 e division dinfanterie canadienne le 5 septembre 1944.

Le complexe fut partiellement détruit après la guerre sur les ordres directs de Churchill pour empêcher sa réutilisation comme base militaire. Il fut ensuite transformé en champignonnière en 1969 puis en musée en 1984. Il fut acquis par le conservatoire despaces naturels du Nord et du Pas-de-Calais en 2010 et sa gestion est assurée par la communauté de communes de la terre des deux caps depuis 2015.

                                     

1. Contexte

En mai 1943, Albert Speer, le ministre du Reich pour lArmement et les Munitions, informa Adolf Hitler des recherches réalisées pour produire un canon capable de tirer sur de longues distances. Cette nouvelle pièce dartillerie, de nom de code Hochdruckpumpe "pompe à haute pression" ou HDP et par la suite désignée V3, était lune des Vergeltungswaffen "armes de représailles" développées par lAllemagne nazie alors que sa situation militaire se détériorait. Les canons à longue portée comme le Dora ou les Pariser Kanonen existaient déjà mais ils étaient limités par la faible durée de vie de leurs tubes causée par lusure des tirs 65 tirs pour les Pariser Kanonen. Pour éviter ce phénomène, le HDP possédait un canon lisse de 100 m de long et de 150 mm de diamètre sur lequel étaient disposées 32 chambres auxiliaires destinées à accroître la poussée du projectile au moment de son passage. Il était donc en théorie possible dobtenir des portées très élevées sans avoir besoin de changer le canon après quelques tirs.

Le canon était toujours au stade de prototype mais Hitler fut enthousiasmé par lidée et ordonna que le projet reçoive la priorité maximale. En août 1943, il approuva la construction dune batterie de canons HDP en France et la mise en place de sites fortifiés de lancement de missiles V1 et V2 visant Londres et le sud-est de lAngleterre. Speer écrivit par la suite:

"Sur mon conseil, le Führer a décidé de prendre le risque daccorder des contrats immédiatement pour la "pompe à haute pression" sans attendre le résultat des essais de tir. Le soutien maximum doit être accordé aux sites de tirs expérimentaux de Hillersleben et de Międzyzdroje en attendant lachèvement de la véritable batterie."

Pour atteindre Londres, le canon devait mesurer 127 m de long, ce qui rendait impossible son déplacement. Il devait donc être déployé sur un site fixe. Une étude réalisée au début de lannée 1943 montra que lemplacement optimal de larme serait une colline rocheuse où des puits inclinés seraient creusés pour héberger les canons.

Les études de terrain furent réalisées par un expert en fortification, le major Bock de la 15 e armée basée dans la région de Dieppe. Une colline calcaire de 158 m de haut et située à 165 km de Londres près du hameau de Mimoyecques fut choisie pour abriter le canon. Le site fut sélectionné avec soin ; la colline était composée dune fine couche de terre en surface et de craie jusquà plusieurs centaines de mètres sous la surface. La craie pouvait facilement être excavée tout en étant suffisamment solide pour que les tunnels naient pas besoin détaiements en bois. Même si le site était mal desservi par la route, il se trouvait à quelques kilomètres seulement à louest dune importante voie ferrée reliant Calais à Boulogne-sur-Mer. La zone était déjà fortement militarisée: en plus des fortifications du mur de lAtlantique sur les falaises du cap Gris-Nez au nord-ouest, une base de tir pour au moins une pièce dartillerie sur voie ferrée de type K 5 se trouvait à environ 5 km au sud dans les carrières dHydrequent-Rinxent.

                                     

2. Conception et construction

Les travaux de construction commencèrent en septembre 1943 avec linstallation de voies ferrées jusquau site. Lexcavation des puits commença en octobre. Les premiers plans comprenaient deux complexes parallèles séparés denviron 1 000 m comptant chacun cinq puits obliques devant accueillir cinq canons HDP pour un total de 25 canons. Lâme lisse des canons HDP permettait une cadence de tir plus rapide quavec les âmes rayées plus conventionnelles. Lensemble de la batterie devait avoir une cadence de tir denviron 10 coups à la minute, ce qui devait permettre dexpédier 600 obus par heure sur Londres. Il était prévu que les deux installations soient approvisionnées par une voie ferrée souterraine décartement standard reliée à la ligne Calais-Boulogne et un dépôt de munitions souterrain fut creusé à une profondeur denviron 33 m. Le complexe occidental fut abandonné peu après le début de sa construction sous les bombardements alliés et seul le complexe oriental fut construit.

Les puits étaient inclinés selon un angle de 50° jusquà une profondeur de 105 m. Lampleur du projet fut réduite à cause de problèmes techniques avec le prototype de canon. Les puits I et II furent rapidement abandonnés et seule la construction des III, IV et V fut poursuivie. La sortie des puits en surface était formée dune dalle de béton ou Platte de 30 m de large sur 5.5 m dépaisseur à travers laquelle était percée de petites ouvertures pour faire passer les projectiles. Ces ouvertures étaient protégées par de larges plaques dacier et les entrées du tunnel ferroviaire étaient également fermées par des portes en acier. Les puits étaient orientés suivant un angle de 299° ± 30 minutes vers le pont de Westminster. Même si lélévation et la direction des canons ne pouvaient pas être modifiées, il était possible de moduler la portée en modifiant la quantité de charge explosive dans les projectiles. Il aurait ainsi été possible de toucher une grande partie de Londres.

Le tunnel ferroviaire formait une ligne droite sur environ 630 m. Sur le côté occidental se trouvait un quai de déchargement donnant accès à dix galeries transversales numérotées de 3 à 13 et séparées de 24 m. Chaque galerie était équipée dune voie ferrée Decauville dun écartement de 60 cm. Sur le côté oriental du tunnel, plusieurs chambres devaient servir dentrepôts, de bureaux et de logements pour la garnison du complexe.

  • Plans du site de Mimoyecques

Le groupe central comprenant les galeries 6 à 10 donnait accès aux canons tandis que les galeries 3 à 5 et 11 à 13 devaient être utilisées comme tunnels daccès et peut-être comme zones de stockage. Elles étaient toutes reliées à la galerie n o 2 qui était parallèle au tunnel ferroviaire principal à une distance denviron 100 m. Les galeries 6 à 10 étaient également reliées par un second couloir appelé galerie n o 1 courant parallèlement au tunnel principal à environ 24.5 m. Dautres salles se trouvaient à 62, 47 et 30 m de profondeur et permettaient daccéder à divers niveaux des puits et des canons. Les tunnels se trouvant à −62 m furent construits pour faciliter le retrait des gravats lors de lexcavation des puits tandis que ceux à −47 m étaient reliés aux conduits dévacuation des gaz produits par les tirs et ceux à −30 m donnaient accès aux culasses des canons. Les niveaux inférieurs étaient accessibles via des ascenseurs et des puits de mine furent utilisés durant la construction.

Les travaux de construction furent réalisés par plus de 5 000 ouvriers, essentiellement des ingénieurs allemands venant de plusieurs entreprises dont Mannesmann, Gute Hoffnungshütte, Krupp et Vereinigte Stahlwerke, 430 mineurs recrutés dans la Ruhr et des prisonniers de guerre soviétiques enrôlés comme travailleurs forcés. La campagne de bombardement alliée causa des retards mais les travaux de construction souterrains continuèrent à un rythme soutenu. Les plans de départ prévoyaient lachèvement et la mise en service dune première batterie de cinq canons en mars 1944 tandis que les 25 canons du complexe devaient être opérationnels le 1 er octobre.

                                     

3. Découverte et destruction

En 1943, des agents français rapportèrent que les Allemands envisageaient de lancer une grande offensive contre le Royaume-Uni avec des armes secrètes ressemblant à des mortiers géants enterrés et approvisionnés par rail. En septembre 1943, les analystes militaires britanniques remarquèrent que des activités anormales avaient lieu sur le site lorsque les Allemands construisirent des voies ferrées secondaires menant dans des tunnels. Des vols de reconnaissance organisés en octobre 1943 montrèrent lexcavation de puits dans la colline. Un analyste nommé André Kenny découvrit les puits sur une photographie aérienne car une meule de foin assemblée pour dissimuler lun des puits avait été détruite, probablement par un coup de vent, et dévoilait un treuil et des poulies. Le rôle de ce site était peu clair mais les Alliés considéraient quil sagissait dune sorte dabri pour lancer des fusées ou des bombes volantes. Un agent du MI6 rapporta quune chambre bétonnée devait être construite près de lun des tunnels pour accueillir un tube, de 40 à 50 m de long, quil qualifia de "canon lance-fusées". Il était supposé que les puits étaient des bouches daération pour permettre lexpansion des gaz produits par le lancement. Les Alliés ignoraient tout du canon HDP et donc de la fonction réelle du site de Mimoyecques. Ils considéraient à ce moment que les fusées V2 devaient être lancées depuis des tubes et ils supposaient donc que les puits inclinés de Mimoyecques étaient destinés à cet usage.

Le manque de renseignement sur Mimoyecques irritait les responsables de lopération Crossbow qui devaient évaluer les objectifs alliés pour contrer les armes balistiques allemandes. Le 21 mars 1944, le Comité des Chefs dÉtat-major britannique discuta de la pénurie dinformations mais fut informé par Reginald Victor Jones, lun des membres du comité Crossbow, quil serait difficile den obtenir car la main doeuvre travaillant sur le site était essentiellement allemande. Le chef du comité, Duncan Sandys, proposa que le Special Operations Executive soit chargé denlever un technicien allemand pour pouvoir linterroger. Même si lidée fut approuvée, elle ne fut jamais appliquée. Finalement, le Comité des Chefs dÉtat-major demanda au général américain Dwight D. Eisenhower de lancer une campagne de bombardement intensive contre les principaux sites Crossbow dont Mimoyecques que les Alliés considéraient encore comme un site de lancement de fusées.

Les forces aériennes alliées menèrent plusieurs bombardements aériens sur le site entre novembre 1943 et juin 1944 mais sans grands résultats. Les attaques perturbèrent la construction et les premiers raids des 5 et 8 novembre 1943 retardèrent les travaux dun mois. Les Allemands décidèrent alors dabandonner le site occidental où les travaux étaient peu avancés et concentrèrent leurs efforts sur le site oriental. Le 6 juillet 1944, la Royal Air Force commença à bombarder le site avec des bombes perforantes Tallboy pour la première fois. Une de ces bombes tomba sur la plaque de béton protégeant le puits IV qui seffondra. Trois autres endommagèrent les tunnels et certaines galeries seffondrèrent. Environ 300 Allemands et travailleurs forcés furent enterrés vivants par les effondrements. Les Allemands rencontrèrent également de graves problèmes techniques avec les obus du canon HDP. Il était prévu quils sortent des canons à environ 1 500 m/s mais les Allemands remarquèrent que du fait dun problème de conception, les projectiles étaient instables à des vitesses de vol de plus de 1 000 m/s. Ils tombaient donc bien avant la cible mais 20 000 obus avaient été fabriqués avant que cela ne soit découvert.

Après lattaque dévastatrice du 6 juillet, les Allemands organisèrent une réunion sur lavenir du site au cours de laquelle Hitler ordonna dimportants changements. Le 12 juillet, il signa un ordre demandant que seulement cinq canons HDP soient installés dans un puits unique. Les deux autres devaient accueillir deux canons Krupp K5 équipés dun canon lisse de 310 mm pour tirer un nouveau type dobus-fusée à longue portée. Deux lance-missiles Rheinbote devaient également être installés. Ces plans furent cependant abandonnés du fait de lapproche des troupes alliées et le 30 juillet, les ingénieurs de lorganisation Todt reçurent lordre darrêter les travaux.

Les Alliés ignoraient cela et lancèrent de nouvelles attaques contre le site. Dans le cadre de lopération Aphrodite, l United States Army Air Forces utilisa des B-24 remplis dexplosifs et télécommandés. Deux raids de ce type furent organisés mais échouèrent et dans le second, le lieutenant Joseph Patrick Kennedy, le frère aîné du futur président John Fitzgerald Kennedy, fut tué lors de lexplosion prématurée du bombardier. À la fin de la campagne de bombardement, plus de 4 100 tonnes de bombes avaient été larguées sur Mimoyecques, plus que sur tout autre site balistique.

Le site ne fut jamais formellement abandonné mais les forces allemandes le quittèrent au début du mois de septembre 1944 car les Alliés progressaient rapidement depuis la Normandie. Il fut capturé le 5 septembre par la 3 e division dinfanterie canadienne.



                                     

4. Enquêtes et destruction

En septembre 1944, Duncan Sandys ordonna la formation dune mission technique interservices menée par le colonel Terence Sanders pour enquêter sur les sites balistiques de Mimoyecques, de Siracourt, de Watten et de Wizernes. Le rapport de Sanders fut remis au Cabinet de guerre le 19 mars 1945.

La fonction exacte du site restait néanmoins encore incertaine. Certains avançaient quil devait accueillir des "canons électromagnétiques" tirant dénormes obus sur Londres mais cela fut discrédité par Frederick Lindemann, le conseiller scientifique de Churchill, qui calcula quil faudrait soixante fois la production de la centrale électrique de Battersea pour tirer un seul obus dune tonne. Lenquête de Sanders dévoila le canon V3 pour la première fois et cela alarma le gouvernement britannique. Il conclut que, malgré les destructions, le site pourrait être complété pour mener des actions offensives contre ce pays dans le futur et que sa destruction est un sujet dimportance. Sandys présenta la question à Churchill et lui dit que comme cette installation pose une menace potentielle contre Londres, il serait sage de la démolir pendant que nos forces sont toujours en France. Churchill commenta plus tard que linstallation de Mimoyecques aurait bien pu lancer lattaque la plus dévastatrice qui soit contre Londres.

La découverte de la véritable fonction du site entraîna quelques critiques à Londres car, à la différence des projets V1 et V2, les renseignements alliés nétaient pas parvenus à découvrir le V3 avant la fin de la guerre. Reginald Victor Jones commenta néanmoins en avril 1945 que léchec des renseignements navait pas été dramatique étant donné que les Allemands navaient pas transformé le HDP en une arme efficace: il y eut peu davertissement ; il y avait peu de danger.

Suivant les consignes de Churchill, le Royal Engineers entassa dix tonnes de bombes britanniques de 500 livres 227 kg et dexplosifs allemands capturés dans les tunnels de Mimoyecques et les fit exploser le 9 mai. Cela neut pas lefficacité attendue et le 14 mai, 25 tonnes dexplosifs furent utilisés pour détruire les entrées nord et sud du site. Une commission denquête jugea que les tunnels dentrée avaient été complètement bloqués et que leur dégagement représenterait une tâche longue et très laborieuse. Ces actions britanniques avaient été réalisées sans en informer au préalable les Français et Charles de Gaulle fut ulcéré par ce quil considérait comme une violation de la souveraineté française.

                                     

5. Après-guerre

Après la guerre, le site de Mimoyecques fut laissé à labandon et une grande partie des équipements fut ferraillée. Quatre plaques dacier pesant 60 tonnes destinée à protéger les entrées des puits furent achetées par le directeur de la carrière voisine de Hidrequent-Rinxent et découpées pour servir dans les concasseurs de roches. Redécouvertes par des historiens locaux dans les années 1990, elles restèrent dans les carrières jusquen 2010 lorsque les derniers éléments furent ramenés à Mimoyecques où elles sont aujourdhui exposées.

Malgré la fermeture des entrées ferroviaires, il était toujours possible dentrer dans le complexe en descendant par lun des puits inclinés. En 1969, Marie-Madeilene Vasseur, une agricultrice de Landrethun fit dégager lentrée sud pour transformer les tunnels en champignonnière. Une portion de 30 m du tunnel dut être retirée pour permettre laccès ; lentrée actuelle nest donc pas celle initialement construite par les Allemands. Émue par cette construction oubliée et aidée par des proches et des amis, Vasseur dégagea les tunnels et installa une alimentation électrique. La SARL "La Forteresse de Mimoyecques" fut créée en 1984 pour faire du site un musée sous le nom de "Forteresse de Mimoyecques - Un Mémorial International". Le musée fut fermé à la fin de lannée 2008 lorsque Vasseur prit sa retraite. Lassociation à but non lucratif, le Conservatoire despaces naturels du Nord et du Pas-de-Calais acheta le musée pour 330 000 € avec des fonds venant du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, de lUnion européenne et dun mécène privé. Lintérêt du Conservatoire était lié à la présence dune importante colonie de chauve-souris sur le site dont des espèces rares comme le grand rhinolophe, le murin émarginé et le murin des marais.

La communauté de communes de la terre des deux caps et les administrations locales mirent en place un partenariat pour que le site soit géré par le musée existant de la coupole dHelfaut près de Saint-Omer. Son directeur, lhistorien Yves le Maner, conçut le nouveau musée qui fut construit pour un coût de 360 000 €. Le site fut rouvert au public le 1 er juillet 2010. En plus de présenter une histoire des armes balistiques et du site, les visiteurs peuvent voir les tunnels, une réplique du canon HDP et un mémorial dédié aux travailleurs forcés et aux aviateurs morts sur le site. En 2011, le musée a accueilli environ 11 000 visiteurs dont 53 % de Français, 18 % de Belges et 16 % de Britanniques. À compter du 1 er janvier 2015, la gestion de louvrage est reprise par la Communauté de communes de la terre des deux caps.

                                     

6. Bibliographie

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • en Philip Henshall, Hitlers V-Weapon Sites, Stroud, Strutton Publishing, 2002, 208 p. ISBN 0-7509-2607-4.
  • Roland Hautefeuille, Constructions spéciales: histoire de la construction par l"Organisation Todt", dans le Pas-de-Calais et la Cotentin, des neuf grands sites protégés pour le tir des V1, V2, V3, et la production doxygène liquide, 1943-1944, Paris, 1995, 2 e éd., 324 p. ISBN 2-9500899-0-9
  • en Terence R. B. Sanders, Investigation of the "Heavy" Crossbow installations in Northern France. Report by the Sanders Mission to the Chairman of the Crossbow Committee, Londres, War Office, 1945.
  • en Steven J. Zaloga, Hugh Johnson et Chris Taylor, German V-Weapon Sites 1943-45, Oxford, Osprey Publishing, 2008 ISBN 978-1-84603-247-9.
  • en Ursula Powys-Lybbe, The eye of intelligence, Londres, Kimber, 1983, 1 re éd., 223 p. ISBN 978-0-7183-0468-3.

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