Précédent

ⓘ Fortification




Fortification
                                     

ⓘ Fortification

La fortification est lart militaire de renforcer une position ou un lieu par des ouvrages de défense en prévision de leur éventuelle attaque. Par extension, la fortification désigne ces ouvrages de défense eux-mêmes.

                                     

1. Principes

La fortification a deux fonctions principales:

  • la protection en mettant à labri des attaques de lennemi les troupes chargées de défendre les obstacles. Cette composante de protection peut être remplie de deux façons: directement, par lutilisation de constructions assez solides pour arrêter les projectiles ennemis et indirectement, par lemploi de la distance et de lavantage en portée et plus récemment du camouflage. Globalement, la généralisation darmes à feu de plus en plus perfectionnées a eu pour conséquence daccroître le besoin de protection, lobstacle perdant de limportance avec la mécanisation des troupes dassaut en.
  • lobstacle en retardant lattaquant dans sa progression vers laffrontement rapproché en lobligeant à rester plus longtemps sous le feu des défenseurs ;

Elle peut cependant avoir dautres fonctions comme une fonction symbolique, concrétisant un pouvoir ou une propriété.

                                     

2. Classification

Il est possible de qualifier les fortifications de bien des manières.

De permanences et de campagnes

Les fortifications sont habituellement divisées en deux branches, celles "permanentes", bénéficiant dun travail et de ressources importants, et celles "de campagne" qui sont réalisées de façon plus ou moins improvisée sur le terrain par les troupes. Cependant la limite entre les deux est assez floue, car des fortifications de campagne peuvent se transformer en fortifications dites semi-permanentes, quand le temps et les ressources le permettent, ou quand le besoin sen fait sentir.

Taille et objectif

Lobjectif des fortifications, en revanche, a toujours été très variable, cherchant à protéger soit une simple demeure comme une maison forte ou un château fort, ou un pays entier avec un vaste système défensif, comme la Grande Muraille de Chine ou la ligne Maginot.

                                     

3.1. Évolution Période préhistorique

Le moyen de garder lennemi en dehors du lieu que lon veut protéger est trouvé très tôt dans lhistoire de lhumanité avec la palissade en bois, le talus de terre ou le mur de pierres sèches empilées selon les régions, souvent sur le modèle de léperon barré. Suffisant contre la faune, cet obstacle se révèle vite insuffisant contre lHomme qui imagine quantité de moyens pour le franchir. Le premier instrument de siège apparaît avec léchelle qui permet descalader la muraille.

                                     

3.2. Évolution Âge du bronze

Lart des fortifications sétend et samplifie démesurément en Mésopotamie aux alentours du II e millénaire av. J C. Leurs érections sont contemporaines de la généralisation de lécriture cunéiforme dans les vallées fluviales, ainsi que celle des outils monétaires, des contrats écrits et du calcul de crédit.

Le lieu protégé par ce type de fortification précoce est généralement le village où vivent les défenseurs et où ils stockent leurs réserves et richesses. Lenceinte fortifiée est souvent circulaire, entourant les habitations ; la forme de défense la plus courante semble avoir été le "dun" où un talus de terre est créé à lintérieur en creusant un fossé. Le talus constitue le chemin de ronde, le parapet est constitué soit par un autre talus plus petit ou une palissade en bois. Dans les régions rocailleuses comme lIrlande ou lÉcosse, la pierre est utilisée pour tenir le flanc du talus. Dans la zone méditerranéenne, les enceintes sont constituées par des pierres colossales empilées sans aucun liant.



                                     

3.3. Évolution Période antique

Les fortifications suscitent ladmiration à travers la mémoire des hommes et se dotent de surnaturels récits pour les magnifier comme la célèbre enceinte qui pour le roi Laomédon, fut bâtie par les dieux Apollon et Poséidon pour rendre imprenable Troie.

Linvention de la brique séchée au soleil révolutionne lart de fortifier, permettant de créer des murs beaucoup plus hauts, donc imprenables par escalade. Ces techniques naissent parmi les civilisations du croissant fertile, elles nécessitent outre les progrès dans lart de la construction, une structure sociale autorisant la réquisition de nombreux travailleurs pour de longues périodes, ce que permettent les premières royautés qui émergent alors. Lobjet de ce nouveau type de fortification apparaît aussi, ce sont les premières grandes villes de lhistoire. Le but est de pouvoir abriter les réserves et la population de toute la campagne environnante dans un lieu inaccessible à lennemi, les travaux de défense sont donc autrement plus importants que ce quexigeait la protection dun simple village. On voit ainsi apparaître des oeuvres colossales, comme les murailles de la ville de Ninive en Assyrie, avec des murs en briques de près de quarante mètres de haut. Pour les murs de Babylone, Hérodote V e siècle av. J C. rapporte lemploi quon fait de mortier de bitume et de chaînages en roseau. À mesure quon creuse les fossés entourant la ville, on convertit la terre en briques que lon fait cuire dans des fourneaux. Pour servir de liaison, on se sert de bitume chaud ἀσφάλτῳ θερμῇ, et, de trente couches en trente couches de briques, on met des lits de roseaux entrelacés. La reine Nitocris dont cest l’oeuvre fait aussi détourner lEuphrate dans la partie de ses États la plus exposée aux irruptions des Mèdes. Philon de Byzance époque hellénistique, qui en fait lune des Sept Merveilles du monde, la hauteur du mur est de plus de cinquante coudées ; quant à la largeur des murs circulaires, quatre attelages de quatre chevaux peuvent sy élancer en même temps. Les tours, hautes de plusieurs étages et aux murs épais, peuvent contenir la foule dune armée.

Il devient donc nécessaire de défendre lobstacle contre lenvahisseur. Le mur étant difficile à défendre den bas, on invente le chemin de ronde qui permet de parcourir son sommet tout en étant protégé de lextérieur par le parapet, plaçant les défenseurs dans une position avantageuse pour le corps à corps et le tir.

Lapparition du bélier et des travaux de sape et de mine contre les murs obligent à construire ceux-ci de façon solide avec plus de dix mètres dépaisseur. Pour éviter un travail trop important, la solution est alors trouvée de construire deux murs parallèles et de combler lintervalle entre les deux avec de la terre. Ces nouveaux types dattaque provoquent lapparition des tours qui garnissent les longueurs de mur permettant par leur avancée par rapport au mur de battre par des tirs croisés langle mort où opèrent les sapeurs et le bélier. Elles constituent aussi un refuge surplombant le parapet qui permet de bombarder celui-ci après une prise par lassaillant et de plus elle sert de contrefort au mur. Cest aussi à cette époque que le parapet se garnit de créneaux qui permettent aux défenseurs de sabriter entre deux tirs. Les villes fortifiées de cette époque deviennent quasiment imprenables par un assaut direct, il ne reste que la solution de linvestissement et du siège de longue durée pour la faire tomber par la famine ou la reddition.

Cependant les Grecs de la période classique et par la suite les Romains développent et systématisent de nouvelles tactiques et techniques de siège ou poliorcétique. Celles-ci sont liées à lapparition de nouvelles armes de jet lourdes, les balistes et catapultes et des tours de siège. Ce type de siège bien quefficace demande de très longs travaux préparatoires dont lédification dune enceinte souvent double ceinturant lassiégé, pour éviter les sorties de celui-ci et éventuellement une attaque dune armée de secours adverse. De grands terrassements sont aussi nécessaires pour amener les engins de siège au contact des défenses, par exemple de grandes rampes en remblai pour avancer les tours de siège.

Comparativement les systèmes défensifs évoluent moins pendant cette période, leffort porte principalement sur lutilisation du terrain existant pour concevoir le réseau fortifié: on cherche à sappuyer sur des cours deau ou des dénivellations importantes naturelles. Pour protéger les villes, on crée des forteresses situées sur les hauteurs pour constituer les points forts de la position. Les Romains vont par contre apporter beaucoup dans le domaine de la fortification de campagne, avec leurs camps plus ou moins provisoires. Ces travaux en terre et en bois réalisés parfois en quelques heures sont néanmoins assez difficiles à prendre, fournissant un abri sûr aux troupes. Une de leurs caractéristiques, le fossé, se généralise aussi dans les fortifications permanentes. Il présente trois avantages, il empêche lassaillant damener une machine de siège au contact du mur sans lavoir préalablement comblé, il fournit des matériaux pour la construction du mur ou de la butte constituant lobstacle et enfin il augmente par sa profondeur la hauteur de celui-ci.

Lapogée de ce type de fortification semble avoir été atteint par les Gaulois quaffronta César en son temps. Leurs villes étaient entourées par des talus composites constitués par un assemblage de pierres, de troncs darbre placés en longueur et de terre très difficile à détruire, car épais et donc résistant à des coups de bélier et insensibles au feu grâce à la présence de terre humide. Ce type de fortification appelé "murus gallicus" est encore visible sur de nombreux sites. On peut en voir une restitution au camp de Péran, près de Saint-Brieuc Côtes-dArmor.

Dautres perfectionnements commencent à se répandre, de nombreuses tours sont bâties sur une base circulaire ou ovale au lieu de carrée ou rectangulaire auparavant ce qui leur permet de mieux résister aux impacts des balistes. Par ailleurs les matériaux évoluent, la brique cédant la place à la pierre, plus courante aux latitudes septentrionales et moins sensible aux effets du feu et des chocs. Il semble aussi que les Romains aient mis en place les premiers hourds qui permettent de tirer vers le bas du mur sans se découvrir.

                                     

3.4. Évolution Motte castrale

Les invasions barbares et la chute de lEmpire romain provoquent un repli sur de plus petites communautés. Les fortifications ne vont plus chercher à protéger de vastes enceintes, mais une simple demeure, celle du seigneur.

                                     

3.5. Évolution Donjon ou tour maîtresse

Le donjon était utilisé en dernier recours, quand le reste du château ou de la ville a été pris par les ennemis. Cest là que se réfugie notamment le seigneur, sa famille, ainsi que les membres les plus éminents de sa cour.

Plusieurs donjons sont dignes dêtre notifiés: parmi ceux-ci, celui du château de Coucy dynamité pendant la Première Guerre mondiale, celui de Gisors, celui de la Roche Guyon diminué dun tiers, mais avec un souterrain daccès…

                                     

3.6. Évolution Perfectionnements de la défense active

Lhistoire des châteaux-forts est notamment illustrée par le Val de Loire qui présente certaines des plus anciennes et des plus importantes forteresses françaises: Angers, Chinon, Langeais, Lavardin, Loches.

De même, au sein du duché de Normandie avec le château de Rouen construit de 1204 à 1210 par Philippe Auguste.

                                     

3.7. Évolution Apparition de lartillerie et le début du bastion

Lapparition des premiers canons change peu de choses dans les méthodes de siège, car ils ne se révèlent pas beaucoup plus performants, au départ, que les diverses balistes. Mais peu à peu, les pièces deviennent de plus en plus puissantes grâce à lamélioration des techniques de fabrication canon coulé dune pièce en fonte puis en bronze, suspendu à laffût par deux tourillons. Elles commencent à employer des projectiles en bronze, puis en fer battu, au lieu de la pierre et du bois en usage auparavant. Ces nouveaux boulets métalliques arrivent à des vitesses supérieures aux anciens et néclatent pas lors de limpact. Ils augmentent nettement la complexité de construction nécessaire à élever des murs maçonnés capables de leur résister. De surcroît, ces canons tirent à une cadence de plus en plus rapide et il devient possible de concentrer plusieurs tirs successifs sur une zone précise, afin de créer une brèche dans nimporte quel mur: ce qui était impossible avec lartillerie névrobalistique. La mise au point du mortier et le développement des mines rend également indispensable de faire évoluer les fortifications. À la suite de la démonstration faite par larmée de François I er lors des guerres dItalie, la fragilité des forteresses traditionnelles est une cause entendue.

Le siège est désormais considéré comme un duel dartillerie entre les canons qui attaquent la place forte et ceux qui la défendent. Lart de fortifier va donc consister à donner à ces derniers le maximum davantages dans la lutte. Dès le XIV e siècle apparaissent les tours à canons, basses et massives, qui renforcent les forts existants. La phase suivante va être de diminuer la hauteur des courtines et des tours. Louvrage émerge alors à peine de son fossé, qui a repris la fonction dobstacle, le mur haut devenant trop vulnérable. Les courtines perdent leur créneaux, au profit dembrasures pour les canons, et des ouvrages détachés commencent à apparaître autour du corps principal de la forteresse. La fonction de ces derniers est de retarder au maximum lattaque contre la forteresse elle-même, sans présenter un quelconque abri pour lassaillant, une fois quils sont pris. Des caponnières permettent aussi une défense plus aisée du fossé.

Lors de la guerre dindépendance hollandaise, une nouvelle école germanique de fortification émerge et pose les bases des nouvelles manières de défendre les places fortes. Elle introduit le glacis, une zone en pente douce, privée de tout couvert, qui entoure la forteresse. Autre nouveauté, le chemin couvert, qui sépare le fossé du glacis: il permet de déployer des mousquetaires, pour fusiller tout assaillant qui saventurerait sur le glacis. Il est légèrement en contrebas des courtines principales qui sont armées par les canons de la place, ce qui permet létagement des feux ; il nest pas protégé côté forteresse, et noffre donc aucun avantage après sa prise. Lusage de la terre extraite du fossé dans la construction redevient prépondérant, la maçonnerie est employée principalement pour bâtir deux murs encadrant le fossé, lescarpe côté courtine et la contrescarpe côté glacis. La tour disparaît au profit du bastion, entre lesquels sintercalent des demi-lunes, qui remplacent les premiers ouvrages détachés. Ces deux types douvrage portent lartillerie de la place.

Toutes ces nouvelles techniques sont formalisées, en France, dans un premier traité de fortification écrit en 1600 par Jean Errard. Il y détermine les distances entre les ouvrages en fonction de la portée de larquebuse et préconise létagement des feux. Antoine de Ville et Blaise de Pagan poursuivent son oeuvre, en particulier en introduisant lusage de réduits, au sein des ouvrages, pour retarder leur chute en fournissant aux défenseurs une position de repli où ils peuvent se réfugier et bénéficier dun avantage, au sein même de louvrage. Le principe de léchelonnement dans la profondeur est né, il est ensuite perfectionné par leurs successeurs, dont Vauban.

Les fortifications bastionnées sont rendues obsolètes avec le développement vers 1860 du canon rayé dont la portée atteint six kilomètres.



                                     

3.8. Évolution Systèmes de Vauban

  • Les places-fortes classées au Patrimoine mondial de lUNESCO
  • Vauban multiplie les glacis et les "dehors" fortifications extérieures détachées d’une place forte dont le but est de retarder le moment où le premier canon de lassaillant sapproche de la dernière muraille du défenseur ou empêcher son tir direct.
                                     

4. Terminologie

Éléments de fortification

Le génie militaire est souvent chargé de la construction tandis que ce sont ses propres troupes sapeurs qui sont affectées à la destruction de celle de lennemi. On nomme siège, lencerclement destiné à capturer une fortification qui ne peut être prise rapidement et par la seule force.

Lapplication et lévolution des principes de larchitecture militaire entre le X e et le XV e siècle peut notamment être observée à partir des forteresses du Val de Loire: Angers, Chinon, Langeais, Lavardin, Loches.

Outils dattaque et de défense des places fortes

Pour attaquer ou défendre une place, un certain nombre doutils sont nécessaires. En voici quelques-uns utilisés à lépoque de Vauban:

Les utilisateurs ont également recherché:

fortification, architecture militaire. fortification,

...

Dictionnaire encyclopédique

Traduction
Free and no ads
no need to download or install

Pino - logical board game which is based on tactics and strategy. In general this is a remix of chess, checkers and corners. The game develops imagination, concentration, teaches how to solve tasks, plan their own actions and of course to think logically. It does not matter how much pieces you have, the main thing is how they are placement!

online intellectual game →