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ⓘ Hougoumont




Hougoumont
                                     

ⓘ Hougoumont

Hougoumont - ou Goumont - est le nom dun lieu-dit situé sur le territoire de la commune de Braine-lAlleud, dans la province du Brabant wallon, en Belgique. Cest sur ce lieu-dit quest établi un château-ferme qui joua un rôle capital lors de la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815, et qui fut rénové et inauguré à loccasion du bicentenaire de la bataille.

C’est, semble-t-il, en 1777, lors de la parution de la carte de Ferraris, que l’on voit apparaître le nom Château d’Hougoumont. Avant cela, on disait Goumont ou Gomont. Cette modification serait due aux arpenteurs de Ferraris qui, interrogeant les habitants sur le nom de la propriété, auraient transcrit "château d’Hougoumont" pour "château du Goumont". On rencontre le terme "Gomont" en 1358 dans un acte de la cour allodiale de Brabant. En 1386, il est fait mention de la "tenure et maison" de Gomont, sise à Wérissart dans la seigneurie de Braine-l’Alleud.

                                     

1. Étymologie

Létymologie du nom "Hougoumont" reste, aujourdhui encore, incertaine.

Tout dabord, il faut éliminer l’étymologie fantaisiste donnée par un journaliste d’antan, Le Mayeur, et qui voudrait que ce nom vienne de "Gomme-mont" parce que de grandes plantations de sapins fournissant de la résine gomme auraient existé à cet endroit. Or, l’endroit ne se prête nullement à la culture des résineux.

On a cru pouvoir dire aussi que Goumont viendrait du terme roman Gaud bois, bosquet et – mont, ce qui voudrait donc dire le mont du bosquet. Or, le mot Gaud ne se rencontre nulle part dans létymologie des noms de lieux en Belgique. Une autre explication, que la plupart des auteurs ont écarté d’un revers de la main, est celle que donne Victor Hugo dans Les Misérables: "C’était un château, ce n’est plus qu’une ferme. Hougomont, pour l’antiquaire, c’est Hugomons. Ce manoir fut bâti par Hugo, sire de Somerel, le même qui dota la sixième chapellenie de l’abbaye de Villers".

Certains disent que Victor Hugo n’a pas été très éloigné de la vérité puisque la plupart des auteurs semblent maintenant vouloir penser que l’étymologie de Goumont est bien à trouver dans un nom de personne: Godulphe ou Godulf. Goumont signifierait donc le "mont de Godulf" du nom d’un des anciens occupants du lieu. On ne sait pourtant pas très bien le chemin parcouru par ce "Godulfmont" pour arriver à "Goumont" ou "Gomont".

La seule référence objective sur laquelle on peut s’appuyer, se rapprochant de "Hougoumont" actuel, vient d’un acte, extrait des archives de la cure de Braine l’Alleud, daté du 9 mars 1485 où ce lieu est appelé "Augoumont".

                                     

2.1. Histoire Histoire générale

Le 5 mai 1474, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem procède à la cession de 12 bonniers de bois, dits le Goumont, et de 12 bonniers de bruyères contigues pour la somme de 100 couronnes d’or à Henri de Witthem, seigneur de Braine-lAlleud. Il nest pas question d’une maison dans cet acte.

Avant 1536, le bien passe aux mains du père de Pierre du Fief, procureur général du Conseil de Brabant de 1523 à 1554, qui donne une extension notable au domaine. En 1560, le domaine devient propriété de Charles Quarré, chevalier, conseiller du Conseil de Brabant et reste dans sa famille jusqu’en 1617 quand il est acquis par Arnold Schuyl, sire de Walhorn.

Le 28 mars 1661, le domaine passe à Jean-Jacques Arrazola de Oñate, seigneur de Gomont dont la famille est originaire dOgnate forme française de Oñate, le berceau de ce patronyme, dans la province de Guipuscoa au Pays basque espagnol. En effet son père, Jean Arrazola de Oñate, né en 1573 et mort en 1653, était le repostero de camas secrétaire de la chambre de linfante Isabelle-Claire-Eugénie dAutriche et fut chambellan de larchiduc Albert dAutriche. Il arrive dans les Pays Bas du Sud en 1598 ou 1599, à la suite du mariage de linfante, qui recevait en dot, pour loccasion, le gouvernement des Pays-Bas, partagé avec son mari, larchiduc Albert. Du mariage de Jean Arrazola avec Beatrix Heath, en 1611, sont issus huit enfants dont le second, Jean-Jacques, seigneur de Gomont, fait l’acquisition du domaine de Hougoumont. Il devient conseiller et commis des domaines et finances du roi aux Pays-Bas et son surintendant du Hainaut. Il est fait chevalier le 2 mai 1663. Il épouse en premières noces Jeanne-Angélique de Maerselaer dont il a deux enfants puis, en secondes noces, Anne Isabelle de Renialmé, dite de Cordes, Dame de Gomont. De ce couple naissent onze enfants. Il meurt le 15 septembre 1688, à l’âge de 73 ans. Il est inhumé dans la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles. Son fils aîné, Jean Philippe Arrazola de Oñate, né en 1660 de son second mariage, lui succède comme seigneur de Gomont. Il est vice-président et conseiller de la cour des comptes à Bruxelles et intendant de la vénerie royale. Il épouse en 1691 Françoise Virginie de Ryckwaert qui lui donne quatre enfants. Il meurt le 29 décembre 1729. Son fils Jean-André, né en 1712, hérite du domaine à la mort de son père. Il épouse Anne-Eugénie-Josèphe de Vicq, fille de François-Philippe-Joseph de Vicq, baron de Cumptich. Jean-André Arrazola meurt sans enfant, dans son château, en 1780. Il laisse le domaine à sa femme qui épouse en secondes noces, Philippe Gouret de Louville de Gomont, major au service de l’Autriche. À la mort de son épouse, en 1791, ce dernier hérite du domaine de Hougoumont mais il n’habitera jamais au château. En 1815, la ferme est exploitée par Antoine Dumonceau tandis que le beau jardin à la française auquel le chevalier semble fort attaché, est entretenu par Jean-Joseph Carlier. Après la bataille, faute de moyens, le chevalier de Louville, qui est âgé de 86 ans, est dans l’impossibilité de restaurer son château et préfère le vendre, le 7 mai 1816, pour la somme de 40 000 francs, au comte François-Xavier de Robiano qui met un point d’honneur à préserver les restes de la bâtisse. Le domaine reste dans cette famille jusqu’en 1917, à la mort de la comtesse Marie-Sophie de Robiano, veuve du comte Théodore dOultremont, pour passer, par ses descendants, à une branche de la famille dOultremont. Enfin, le domaine est mis en vente par le Comte Guibert dOultremont en 2003 et racheté par la région wallonne, au travers de "lIntercommunale 1815" en septembre de la même année.

                                     

2.2. Histoire Le plan de Wellington

Sur le terrain de la bataille, le front anglo-allié était protégé par quatre postes avancés: à gauche le château de Fichermont, au centre-gauche la ferme de la Papelotte, au centre la ferme de la Haie Sainte et au centre-droit, Hougoumont. Pour le duc de Wellington, ces positions avancées devaient jouer le rôle dun brise-lames face à loffensive française et elles ne devaient pas être laissées aux mains de lennemi auquel elles fourniraient des bases pour de puissants assauts contre la ligne anglo-alliée. Les ordres de Wellington à la garnison dHougoumont sont donc extrêmement simples et ne changeront jamais: tenir à tout prix.

À partir du 17 juin 1815, dans la soirée, des troupes britanniques occupent donc le château-ferme dHougoumont et entreprennent de le fortifier. Hougoumont représente déjà une forte position en soi-même puisque le bois au sud cache les bâtiments à la vue des Français et fournit un bon couvert pour l’infanterie. De plus, il empêche de tirer des boulets ou des boîtes à mitrailles directement sur les murs si ce n’est à partir de l’ouest où le bâtiment est dégagé.

Ainsi, le 17 juin, vers 19 h, la 1 re division des Guards britannique arrive dans le village de Mont-Saint-Jean et, une demi-heure plus tard, les quatre compagnies légères de cette division sont envoyées à Hougoumont. À son arrivée, Lord Saltoun a une escarmouche avec une patrouille de cavalerie française quil repousse. Le piquet placé au sud du bois et composé de quelques hommes du 2 e bataillon du 3 e Guards, sous les ordres du capitaine Evelyn, est renforcé par les 100 chasseurs de la 1 re compagnie du Feldjäger Korps, appartenant à la 1 re brigade hanovrienne commandée par Friedrich von Kielmansegg. Deux détachements de 50 hommes chacun appartenant aux bataillons légers hanovriens de Lüneburg et de Grubenhagen viennent également occuper le bois.

Vers 2 h du matin, une nouvelle escarmouche a lieu contre des éléments de la cavalerie française qui s’aventurent devant le bois. Durant la nuit, sous une pluie battante, James MacDonnell, qui commande le détachement des Coldstream, fait procéder aux travaux de mise en défense. Vers 6 h, le duc de Wellington rend visite aux troupes dHougoumont et fait remplacer la garnison par le 1 er bataillon du 2 e régiment léger de Nassau-Usingen du capitaine Büscgen. Cette unité prend place dans le château-ferme, le jardin et le verger, tandis que les deux compagnies de MacDonnell prennent position à l’ouest des bâtiments. Les deux compagnies du 1 er Guards remontent sur la crête au nord du château avec lord Saltoun.

Le 18 juin 1815, à 11 h 30, la garnison est donc composée comme suit:

En outre, sur la crête au nord du château, deux batteries dartillerie prennent position avant le début de la bataille: les batteries Webber-Smith et Ramsey. Cinq autres batteries, plus éloignées, sont néanmoins à portée de feu: Cleeve, Lloyd, Sandham, Kuhlman et Beane. Immédiatement au nord, à mi-chemin sur le versant, se trouvent les deux compagnies légères des 2 e et 3 e bataillons du 1 er Foot Guards de Saltoun.



                                     

2.3. Histoire Pas d’Anglais à Hougoumont!

Avant la bataille, il faut remarquer quà lintérieur des bâtiments, dans le jardin, dans le grand verger ou dans le bois, il n’y a pas un seul soldat britannique. Les seuls Britanniques présents à Hougoumont le 18 juin 1815 dans le système défensif sont une compagnie légère des Coldstream et une compagnie légère du 3 e régiment de Scots Guards qui, toutes deux, ont pris position aux abords ouest des bâtiments. Cela signifie que lors de la première attaque dHougoumont – la plus dangereuse peut-être – aucun soldat britannique na pris part au combat.

Il faut rappeler quà 6 h du matin, le duc de Wellington était venu inspecter la position et avait donné lordre de faire occuper le château dHougoumont et les environs par le 1 er bataillon du 2 e Régiment dinfanterie Nassauvien. Quil ait été mal compris ou que ce fût son intention réelle, toujours est-il que, avant 10 h, lorsque les Nassauviens arrivent, les compagnies légères des 2 e et 3 e bataillons du 1 er Guards, sous les ordres de Lord Saltoun, évacuent le château et ses dépendances pour rejoindre le gros de leur bataillon sur la crête au-dessus du domaine, tandis que les compagnies légères des Coldstream et du 2 e bataillon du 3 e Guards se postent dans le potager à l’ouest de la grande grange.

Cette décision dévacuation fut mal comprise par les hommes qui avaient travaillé toute la nuit, sous une pluie battante, à consolider cette position défensive. Lun deux, le capitaine Daniel Mackinnon, qui commandait la compagnie de grenadiers des Coldstream à Hougoumont, écrivit plus tard:

"À 10 h, les compagnies légères des Gardes furent relevées par un bataillon de 800 hommes des troupes légères de Nassau: des parties de ce corps dans les granges, les bâtiments, les cours et les dépendances ; le reste, avec les chasseurs hanovriens, qui étaient arrivés la nuit précédente, fut réparti dans le verger et le bois. Lord Saltoun rejoignit alors la deuxième brigade sur sa position principale. Le lieutenant-colonel Macdonnell et ses compagnies firent mouvement vers le côté ouest du château."

C’est au moment où, vers 10 h, après avoir fait visiter la position au capitaine Büschgen, qui commandait le 1/2 bataillon de Nassau et lui en avoir remis le commandement, Lord Saltoun se met en marche vers son bataillon que survient le duc de Wellington. Il se montre fort étonné de trouver les deux compagnies de Saltoun à cet endroit et les arrête, leur ordonnant de rester sur place dans l’attente de nouveaux ordres. Il semble donc bien que Wellington n’ait jamais ordonné son évacuation à la garde britannique. Néanmoins, il ne renvoie pas directement Saltoun à Hougoumont. Lorsque la bataille fut entamée, vers 11 h 30, un aide de camp vint ordonner à Saltoun, très exposé au feu de l’artillerie, de rejoindre sa brigade. Lorsqu’il y arriva, il fut renvoyé de toute urgence vers Hougoumont, les Nassauviens étant sur le point de perdre le verger.

                                     

2.4. Histoire Première attaque

La bataille dHougoumont débuta par un premier coup de canon tiré vers 11 h 30. Il est difficile de savoir qui le tira et ce quil visait, mais lheure exacte est aussi sujette à discussion. Lhistorien Henry Houssaye cite différentes sources qui écrivent toutes 11 h 30, sauf une voix discordante, celle du capitaine Yalcott, qui évoque 11 h 20. Cest cette dernière heure que retient également lhistorien Mark Adkin qui précise que les tirs provenaient de cinq batteries françaises et que lavance des tirailleurs français se situerait à 11 h 30 et lavance des bataillons de Général de Brigade Bauduin à 11 h 35.

Quoi quil en soit, après cette très courte et inefficace préparation dartillerie sur le bois, la 1 re brigade de la 6 e division française, commandée par le Général de division Jérôme Bonaparte, sébranle. Cette brigade se compose du 4 e bataillon du 2 e régiment dinfanterie légère qui savance en tirailleurs, suivi, en formation, par les trois bataillons du 1 er régiment dinfanterie légère et les trois autres bataillons du 2 e léger. Le tout est commandé par le général Bauduin.

Cette brigade sengage dans le bois. Le combat est très violent. Les Nassauviens et les Hanovriens, embusqués derrière chaque arbre, font subir un feu denfer aux Français, mais ils sont submergés par le nombre et reculent lentement vers le grand verger. Les Français sont arrêtés par le grand mur du jardin. Ils ont mis à peu près une heure pour conquérir le bois.

Vers 12 h 15, le gros de la brigade, commandée maintenant par le Colonel Despans-Cubières, bute devant le mur du jardin, ou, plus exactement, sur l’espace dégagé dune trentaine de mètres qui sépare lorée du bois du mur. Les deux compagnies du 2 e régiment de Nassau qui sont postées derrière le mur empêchent absolument le passage. Dès lors, du côté droit, les Français continuent à repousser dans le verger les Nassauviens et les Hanovriens qui trouvent refuge dans le chemin creux qui borde celui-ci au nord. Ils y retrouvent les deux compagnies de Lord Saltoun 2 e et 3 e compagnies légères du 1 er régiment des Guards qui sont redescendues en catastrophe de la crête. Sans désemparer, Saltoun rallie les Nassauviens et les Hanovriens et franchit la haie pour repousser les Français jusque dans le bois.

Simultanément, du côté gauche, les Français tentent de pousser jusquau portail Sud quils atteignent, malgré le feu nourri des Nassauviens postés derrière le mur, et se heurtent à la compagnie légère du 2 e bataillon du 3 e régiment des Guards britannique Wyndham et à la compagnie légère du 2 e bataillon des Coldstream Dashwood, qui débouchent du potager où Macdonnell les avait postées. Les Français n’ont dautre choix que de reculer à l’abri du bois.

                                     

2.5. Histoire Deuxième attaque

Vers 12 h 30, lensemble de ces bataillons repart à lassaut. Le Colonel Cubières lui-même prend la tête dune attaque française vers l’ouest du château, au cours de laquelle il sera gravement blessé. Les deux compagnies de Gardes britanniques de James Macdonnell reculent devant le nombre et sengouffrent dans la cour du château, par le portail nord. Ils nont pas le temps de refermer les vantaux de la porte que déjà le sous-lieutenant Legros, du 1 er régiment dinfanterie légère, et une trentaine dhommes sont sur eux, forçant la porte et parvenant à sintroduire dans la cour. Les hommes de Macdonnell se jettent sur les intrus et les taillent en pièces, ne laissant indemne, dit-on, qu’un jeune tambour. La porte est soigneusement verrouillée.

Entre-temps, le mouvement de la 2 e brigade du Général Soye nest pas passé inaperçu du duc de Wellington qui se rend compte que la position est menacée. Il ordonne donc au commandant de la 2 e brigade britannique du 1 er corps, le général major John Byng, denvoyer du monde pour renforcer la garnison. En même temps, il charge la batterie du major Bull darroser le bois du feu de ses six obusiers de 6 pouces.

Byng fait donc descendre trois compagnies du 2 e bataillon des Coldstream qui nettoient le terrain devant eux et repoussent les Français au sud de la ferme. Ces trois compagnies sont suivies du reste du 2 e bataillon des Coldstream, soit quatre compagnies, qui entrent dans la ferme pour renforcer Macdonnell et les Nassauviens qui tiennent toujours leurs postes sur les murs. Il est à ce moment-là dans les environs de 13 h 15.

Simultanément à cette attaque, les bataillons français du Général Soye sen prennent au verger où se trouvent toujours les deux compagnies du 1 er régiment de Saltoun et les débris des compagnies du 2 e régiment de Nassau et des chasseurs hanovriens. Saltoun tient jusque vers 13 h 15, quand interviennent de nouvelles troupes françaises, la 1 re brigade de la 9 e division du Général Foy composée des 92 e et 93 e régiments de ligne au total, quatre bataillons et commandée par le colonel Tissot. Saltoun est obligé de céder le verger et se réfugie derrière la haie du chemin creux. Les Français parviennent alors à mettre en batterie un obusier le long de la haie sud du verger. Dès 14 h, Saltoun, qui, entre-temps, a été rejoint par deux compagnies du 3 e régiment des Scots Guards, tente une contre-attaque afin de semparer de lobusier français. Cette contre-attaque échoue et Saltoun rejoint sa position de départ dans le chemin creux. Les Français de Tissot reprennent le verger avec laide d’un nouvel acteur, la 2 e brigade de la 9 e division, sous le commandement du Général Jamin. Il y a là trois compagnies du 4 e léger et trois compagnies du 100 de ligne.

Vers 14 h 15, les compagnies de Saltoun qui ont été durement éprouvées lors de ces actions sont relevées par le reste du 2 e bataillon du 3 e régiment des Scots Guards du Lieutenant Colonel Francis Hepburn, et se voient autorisées à se retirer vers le gros du 1 er Guards, toujours derrière la crête dans le chemin creux. Pendant ce temps-là, les Français se cassent toujours les dents sur le mur Sud du jardin où se sont maintenant installés les Coldstream, tandis que les Nassauviens se concentrent sur le mur Est d’où ils tirent sur les Français. À partir de cet instant, les assauts français vont se succéder sans interruptions.

À peine formé dans le chemin creux, Hepburn avec l’ensemble du 3 e régiment, part à l’assaut du verger et en chasse les Français qui se voient rejeter au-delà de la haie dans la prairie au sud du verger. À 15 h, la 6 e Division de Jérôme Bonaparte est fixée dans le bois et la 9 e Division du Général Foy dans les prairies à l’est de celui-ci. Elles ne cesseront dassaillir les positions alliées sans jamais parvenir à faire un pas en avant. La garnison risque cependant de se trouver à court de munitions. Entre 15 h et 16 h, toutefois, un chariot de munitions parvient à descendre et entre dans la cour de la ferme.



                                     

2.6. Histoire Les assauts suivants

C’est à peu près à cette heure-là que Jérôme Bonaparte se rendit enfin compte quil serait vain de vouloir semparer de la ferme et du château si on ne les soumettait pas à un tir d’artillerie efficace. Quelques obusiers se mettent alors à tirer sur le domaine, mettant feu aux granges et aux bâtiments. Si cet incendie rendit la situation très inconfortable pour les défenseurs, il neut aucune influence réelle sur la suite des événements. Une suite dattaques sporadiques contre le verger ou le mur du jardin, sont aussitôt repoussées. Précisons que la 2 e brigade française du Général Campi, appartenant à la 5 e division du Général Bachelu, amorça vers 15 h un mouvement offensif contre le verger dHougoumont mais que lartillerie anglaise len dissuada et quelle n’insista pas.

Vers 19 h, trois bataillons brunswickois le bataillon Leibbatalion, le 1 er dinfanterie léger et l’ avant-garde arrivés par l’ouest, le 2 e bataillon Kings German Legion et le bataillon de Landwehr de Salzgitter venus de lest, viennent dégager le domaine et nettoient le verger et le bois. La garnison du domaine leur emboîte le pas pour poursuivre les débris des unités de la garde impériale qui ont manqué leur assaut sur la ligne anglo-alliée.

                                     

2.7. Histoire Résumé des événements

La liste qui suit offre lensemble des événements qui se sont déroulés à Hougoumont:

                                     

2.8. Histoire 17 juin 1815

  • 19 h: Les compagnies légères du 1 er Guards occupent le verger.
  • 19 h: Les compagnies légères du 2 e régiment des Coldstream occupent la ferme, le château et le jardin. Travaux de mise en défense.
  • Soirée: Des détachements du 3 e Guards sont postés dans la forêt.
  • 17 h: Les 1 re et 2 e brigades des Guards britanniques arrivent à Mont-Saint-Jean.
  • Soirée: Des patrouilles de cavalerie françaises sont écartées.
                                     

2.9. Histoire 18 juin 1815

  • 12 h: 2 e attaque française, par le côté ouest contre le portail nord et par l’est contre le verger. Les Coldstream se réfugient dans la cour.
  • 15 h: Les bâtiments prennent feu.
  • 20 h 15: Avance générale alliée.
  • 14 h - 15 h: 5 e attaque française: du Général Campi venant du sud-est, contre le verger, mais stoppée par le feu de lartillerie anglaise.
  • 10 h: Wellington stoppe Saltoun sur le versant de la crête au nord d’Hougoumont.
  • 13 h 30: Débuts du bombardement par un obusier que Saltoun tente en vain de museler.
  • 16 h: 6 e attaque française: contre le verger, venant du sud-est. Contre-attaque immédiate du 3 e Guards qui reprend le verger. Hepburn reprend le commandement de la 2 e brigade de la garde britannique que Byng, son commandant, quitte, ayant repris celui de la 1 re division après la grave blessure de Cooke. Home reprend le commandement du 3 e Guards.
  • 13 h: Contre-attaque par le 2 e bataillon de Coldstream qui entre alors dans la ferme La grande batterie ouvre le feu.
  • 11 h: Le 1/2 Nassau remplace les Anglais dans la ferme, le château et le jardin. Les compagnies légères détachées du 1 er Guards se remettent en route vers le gros de leur bataillon.
  • 11 h 30: 1 re attaque française, du sud vers le bois. Premiers coups de canons.
  • À laube: Dans le verger, Saltoun est relevé par des Nassauviens et des Hanovriens.
  • 14 h: 4 e attaque française contre le verger en venant de l’est. Saltoun et ses compagnies légères évacuent le verger et sont relevées par 3 compagnies du 3 e Guards.
  • 13 h 30: Contre-attaque dans le verger par deux compagnies du 3 e Guards.
  • 12 h 30: Fermeture du portail.
  • 18 h 30: 7 e attaque française: contre le verger, venant du sud-est. Contre-attaque des 3 e Guards de Home. Prise de la Haye-Sainte par les Français.
  • 19 h 30: Attaque de la Garde impériale.
  • 14 h: Le verger est repris par le 3 e Guards.
  • Après 13 h: Un tombereau de munitions arrive.
  • Tôt dans la matinée: Wellington vient inspecter Saltoun. Il ordonne aux Nassauviens et Hanovriens d’avancer et d’occuper le bois et au 3 e Guards d’avancer du jardin vers l’allée.
  • 11 h 50: Nassauviens et Hanovriens évacuent le bois pour se réfugier dans le verger. Saltoun redescend vers le chemin creux.
  • 12 h 45: 3 e attaque française: contre le verger.


                                     

2.10. Histoire Hougoumont après la bataille

Après la bataille, le 19 juin, la plupart des bâtiments du domaine dHougoumont étaient en ruine ou incendiés. Les corps des victimes gisaient partout dans le sang et la boue. Beaucoup d’entre eux étaient nus, victimes des pillards qui sétaient répandus sur le champ de bataille dès la fin des combats et sévissaient encore le lendemain. Au sud de la ferme, on érigea un bûcher où lon commença à brûler les cadavres sans autre cérémonie. Victor Hugo raconte quenviron 300 cadavres auraient été jetés dans le puits, mais il sagit dune légende car, leau étant rare à cet endroit, les paysans chargés de relever les morts nauraient pas "pourri" un puits aussi précieux.

Les murs des quelques bâtiments encore subsistants étaient parsemés déclats dobus ou dimpacts de balles. Le feu n’était pas entièrement éteint. Les arbres étaient dans un état lamentable avec leurs troncs déchiquetés, les branches et feuilles arrachées. Le verger, selon des témoins qui rendirent visite les jours suivants au champ de bataille, ressemblait à une scène de LEnfer de Dante: des entassements de morts, toutes nationalités confondues, couvraient toute la surface du verger dont les pommiers avaient été à ce point malmenés quils ressemblaient à des saules. Le fermier dHougoumont, revenu tôt le 19 juin, se promenait hagard au milieu de ce champ de carnage et de dévastation.

Le château, complètement ruiné, était évidemment inhabitable et les habitants du pays se servirent de ses pierres pour construire, notamment, le Café des Ruines, le long de la chaussée de Nivelles. À lheure actuelle, on ne peut plus voir du château lui-même que ses fondations. La grande grange fut reconstruite et la maison du jardinier restaurée. Mais celle-ci ne sert plus d’habitation.

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