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ⓘ Castramétation




                                     

ⓘ Castramétation

La castramétation est un terme militaire antique utilisé dans le glossaire technique de larchéologie, désignant lart de choisir et de disposer lemplacement dun camp ou dune place forte.

Le mot dérive du latin castrametatio, composé de castra "camp" et metari "mesurer".

Énée le Tacticien, militaire grec du IV e siècle av. J C., est lauteur dun ouvrage consacré à la castramétation.

Les circonvallations sont des ouvrages de castramétation.

                                     

1. Castramétation chez les Grecs et les Romains

Les Grecs avaient adopté la forme carrée. Leurs camps étaient retranchés. Avant le IV e siècle, les Romains avaient des camps retranchés et réguliers. En suivant la castramétation de Pyrrhus et après lavoir vaincu, ils l’améliorèrent.

Polybe apporte une description précise dun camp romain au temps de Scipion lAfricain. Larmée romaine était ainsi composée de deux légions avec 10 000 hommes et autant dauxiliaires. Le camp avait la forme dun grand parallélogramme et était entouré dun fossé large de 3.55 m sur 2.70 m dont on avait rejeté les déblais pour former une banquette et un parapet denviron 2 m de hauteur. La crête du parapet plongeait denviron 5 m sur le fond du fossé et était augmenté dune palissade.

À lintérieur du fossé, on trouvait une avenue large de 59.26 m. Cette avenue contenait les tentes qui étaient ainsi hors de portée des attaques extérieures. Les armées romaines campaient dans leur ordre de marche:

  • légions.
  • avant-garde ;

On trouve ainsi une ligne dalliés et derrière eux une grande place quadrangulaire avec en son centre une enceinte de 59.26 m appelée Proetorium contenant la tente du général avec, à sa gauche, la tente du légat ou lieutenant dans le Forum et, à sa droite, le questeur Quoestorium. Deux corps dinfanterie et de cavalerie fermaient les côtes des places.

En arrière du Proetorium étaient dressés douze tentes sur une seule file où logeaient les tribuns, terminant la première partie du camp et souvrant sur une avenue transversale de 26.63 m, appelée principia cartier des chefs ou des commandants avec, en son centre, un tribunal gazonné pour rendre la justice. Cette zone comprenait les enseignes. Le front du camp où campaient les légions commençait au-delà du principia. Les légions étaient constituées de huit colonnes au centre augmentées en périphérie de deux colonnes dalliés. Lensemble était divisé en quatre sections égales séparées par deux chemins de 14.81 m, lun, perpendiculaire à laxe général du camp partant des principia et descendant au fond du camp ; lautre, transversal, ouvert après la cinquième cohorte de chaque légion, nommée quintana.

Le camp avait quatre portes:

  • La Prétorienne, du côté du Proetorium ;
  • La Décumane, à lopposé de la première ;
  • La Dextre et la Sinistre autrement dénommées principales car souvrant aux extrémités des principia.

Pour lEmpire romain, la principale source littéraire est le traité mutilé De munitionibus castrorum, bien que lédition Teubner préfère renommer louvrage De metatione castrorum. Lauteur se consacre à la disposition du camp et des troupes diverses même si on est plus dans un idéal à atteindre, les camps établis ne furent jamais aussi organisés comme ce manuel. Les datations hésitent entre les règnes de Trajan et dHadrien.

À lépoque dHadrien, la castramétation est un peu modifié tous les sujets de lempire étant devenus citoyens romains, les alliés devenant ainsi des auxiliaires ou étrangers. Ils furent placés à la place des légions qui devinrent, eux, le cadre. En raison de laugmentation de la suite de lempereur, le Proetorium fut dressé au centre du camp et entouré de troupes délite et des gardes particuliers du prince qui occupe alors tout lespace entre les principia et la voix Quintana. Les trois divisions sont appelées:

  • Proetorium, au centre ;
  • Retentura tentes du fond, vers la porte Décumane.
  • Proetentura premières tentes, du côté de la porte Prétorienne ;

Larmée romaine ne partait jamais en campagne sans avoir préalablement tracé un camp retranché pour y passer la nuit. On utilisait alors la locution militaire En tant de camps pour En tant de jours de marche. En fin de journée, un tribun, puis sous lEmpire, un préfet de camp, partait avec quelques centurions pour choisir lemplacement qui était tracé en jalonnant toutes les divisions avec des piques et des javelots. Chaque corps reconnaissait ainsi sa place en arrivant. Les travaux sexécutaient devant lennemi sous la protection de la cavalerie et dune moitié dinfanterie. Le retranchement était établi en une demi-heure par les deux tiers des soldats, et trois quart dheures par la moitié des soldats. Un camp dune armée en marche dans un pays en paix était retranché moins fortement et navait souvent quun mur dune hauteur de moins dun mètre. Il arrivait parfois que larmée ne campe quen plaine, rangée en rond, entourée dun rempart de boucliers.

La nature du terrain réglant souvent la castramétation, il y avait aussi des camps triangulaires, demi-circulaires ou circulaires. Les plus célèbres castramétation romaines sont au camp de l’Étoile dans la Somme et à Wissant.

                                     

2. Castramétation moderne

Les camps, à partir du Moyen Âge et jusquau XIX e siècle, sont peu profonds, en raison des changements de tactique de combat. Là où larmée doit lutter sur plusieurs lignes, le campement a alors autant de lignes. Il varie ainsi suivant lordre de bataille décidé par le général en chef. Chaque corps, bataillon, escadron ou batterie, campe à la perpendiculaire de son front de bataille, les intervalles restants servant à la circulation. Sur la ligne de front se situent les faisceaux darmes des soldats. Parallèlement à son front, derrière chaque corps, sétendent les lignes distinctes de campement:

  • les cuisines des soldats ;
  • le campement des officiers supérieurs.
  • le campement des capitaines ;
  • le campement du petit état-major ;
  • le campement des lieutenants ;

Les troupes sont installées sous des tentes, dans des baraques ou sur la terre nue appelée bivouac. Lors des guerres de la Révolution française, les tentes furent abandonnées en raison de limportant bagage transporté, celles-ci nuisant à la rapidité des manoeuvres. La coutume devint alors de bivouaquer. Les baraques ne furent employées que dans les camps dexercice ou dans les camps stables, comme au camp de Boulogne en 1804.

La castramétation circulaire a été généralement adoptée par les armées arabes et turques.

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