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ⓘ Bastille (Grenoble)




Bastille (Grenoble)
                                     

ⓘ Bastille (Grenoble)

La Bastille est un fort militaire surplombant de 264 mètres la ville de Grenoble. Édifié durant la première partie du XIX e siècle et culminant à 476 mètres daltitude sur les derniers contreforts du massif de la Chartreuse, il a remplacé une première fortification construite à la fin du XVI e siècle.

Accessible en téléphérique, à pied ou en voiture, la Bastille, qui donne aussi son nom à la colline, est le premier site touristique de lagglomération grenobloise avec 600 000 visiteurs par an. Cest la raison qui pousse la métropole de Grenoble disposant de la compétence tourisme, à installer sur le toit de la gare supérieure du téléphérique, une webcam offrant toutes les vingt minutes aux internautes une photographie panoramique de 220° de la ville. Grâce à larchivage de ces photographies consultables depuis le 13 juillet 2017, les visiteurs de la terrasse des géologues ou du belvédère Vauban peuvent se revoir sur les photos.

                                     

1. Géographie

Le fort est construit sur le dernier promontoire du mont Rachais, étroite montagne la plus au sud du massif de la Chartreuse. Dans lY grenoblois, elle est située entre les deux branches supérieures du Y.

La plate-forme du fort, située 264 mètres au-dessus dune vallée singulièrement plate, est dorigine glaciaire. Il sagit dun épaulement glaciaire formé lors du retrait du glacier de lIsère, il y a 25 000 ans, lors dun réchauffement du climat. Ainsi, la fonte du glacier va entraîner la présence dun lac pendant plus de 10 000 ans, comblé par des alluvions lacustres würmiennes qui confèrent aujourdhui aux vallées, un caractère parfaitement plat. Le retrait du lac qui sétendait sur 150 kilomètres entre Albertville et Saint-Jean-de-Moirans, va laisser la plaine telle que nous la connaissons de nos jours.

Cet emplacement a été choisi car il permet de surveiller, de contrôler et de défendre la ville de Grenoble du XIX e siècle et les vallées de lIsère du Grésivaudan, et du Drac, tout en étant très difficile à attaquer et à prendre car entouré de falaises et de pentes raides.

                                     

2. Historique des fortifications

Le 13 mars 1470, le chapitre Notre-Dame loue par albergement à Eynard Pradel, une parcelle des coteaux surplombant Grenoble. Auditeur à la chambre des comptes du Dauphiné, Eynard Pradel va faire construire au milieu de ses plantations de vignes, une habitation ayant laspect dune maison forte, formée dun quadrilatère et de deux tours de 20 mètres de hauteur. À sa mort en 1507, sa veuve ne peut subvenir à une telle propriété et la transmet en 1512 à Hugues Pinel qui connaît lui aussi un revers de fortune. Pressé par ses créanciers, il vend cette fortification et les vignes le 1 er décembre 1513 à un conseiller du Parlement du Dauphiné, Bertrand Rabot. Cette maison fortifiée restera dans la famille Rabot pendant 122 ans.

En 1515, alors que la ville accueille Pierre Terrail de Bayard, nouveau Lieutenant général du Dauphiné, le roi François Ier roi de France souhaite agrandir lenceinte des remparts de la ville. Mais par suite de difficultés financières, le projet ne se réalise pas. Seul un fortin militaire est construit en 1537 au sommet de la colline dominant la ville ainsi quune redoute sur le coteau de La Tronche. En 1575, lors de la réimpression en français par François de Belleforest de la Cosmographie universelle de Sebastian Münster, un plan de Grenoble est réalisé par Pierre Prévost, peintre de la ville, sur lequel figure lenceinte envisagée sous François I er, ainsi quun ouvrage fortin perché au sommet de la colline surplombant la ville. Mais cette enceinte à laspect rectiligne ne sera jamais réalisée dans une période où sannoncent les guerres de religion.

                                     

2.1. Historique des fortifications Période Lesdiguières

En décembre 1590, le seigneur de Lesdiguières, chef des Huguenots du Dauphiné, sempare de la ville de Grenoble, alors aux mains des catholiques, au cours de la huitième et dernière guerre de religion. Doté dune armée de 1 200 hommes rassemblée à Moirans, il approche de Grenoble en passant par Saint-Martin-le-Vinoux, puis par un ressaut de la montagne du Rachais appelé le Rabot, tout en y évitant une maison-forte. Il vient positionner un seul canon sur les pentes du mont Rachais, car ce contrefort rocheux est considéré comme une barrière naturelle suffisante pour décourager lavancée de troupes hostiles. Malgré un état dalerte permanent et 24 points de surveillance dans la ville, celle-ci tombe aux mains de Lesdiguières après plus de trois semaines de siège.

En 1591, devenu gouverneur de Grenoble, il va immédiatement construire une petite citadelle fortifiée entourant la Tour de lIsle afin davoir un point de repli en cas dattaque de la ville, ainsi quune bastille au sommet de la colline surplombant la ville afin quaucun ennemi venu du duché de Savoie ne puisse approcher la ville depuis la Chartreuse sans être repéré. Cette bastille qui va donner son nom à la colline, est achevée dès lannée suivante en 1592. Constituée dune tour et dune enveloppe de petits bastions, avec une construction pour abriter la troupe, elle est entourée dun mur denviron 1.30 mètre dépaisseur qui mesure 68 mètres de long sur 50 mètres de large. Bientôt, Lesdiguières va faire appel au géographe Jean de Beins pour cartographier la province du Dauphiné et notamment ses villes et leur système défensif.

Parallèlement à ces travaux, lenceinte romaine de la ville, vieille de treize siècles et inadaptée aux améliorations de lartillerie, est détruite. De nouvelles murailles de fortification dotées de six bastions et deux demi-bastions, capables de résister à lartillerie comme les bombardes, sont construites en incorporant les faubourgs qui ont bourgeonné autour de lenceinte romaine. Achevées en décembre 1606, ces murailles augmentent la superficie de la ville protégée de 21 hectares, la portant à une superficie de 36 hectares sur la rive gauche de lIsère.

Lesdiguières fait appel les premières années à larchitecte piémontais Ercole Negro, et pour la construction à la "tribu des Dioque", entrepreneurs en maçonnerie originaires du Val dAoste, puis à partir de 1611, à lingénieur royal Jean de Beins. Après une pause dans les travaux, débute en 1611 la construction de deux branches de fortification descendant de part et dautre de cette bastille vers deux nouvelles portes monumentales situées sur les bords de lIsère et distantes denviron un kilomètre.

Versant est, côté Savoie, un mur à redents descend dans un vaste arc de cercle jusquà la nouvelle porte Saint-Laurent achevée en 1615 qui vient remplacer lancienne porte accolée au chevet du prieuré Saint-Laurent, le libérant ainsi de sa fonction défensive pour la ville. Sur le versant ouest, un profond fossé creusé dans le rocher et surmonté dun mur abouti à la porte de France achevée en 1620. Grâce aux travaux de construction de cette dernière porte, pour la première fois, une voie taillée dans les rochers au bord de lIsère, dispense demprunter létroit et dangereux passage bordant lIsère ou de franchir léperon rocheux par la montée de Chalemont afin darriver à Grenoble. De nos jours, ces portes subsistent encore, mais des fortifications, il ne reste que quatre échauguettes en vestige et un escalier en forme de tour dans le jardin des dauphins. Lensemble des travaux des deux branches de fortification sont achevés en juillet 1619.



                                     

2.2. Historique des fortifications Période Vauban

Un siècle après la construction de cette bastille, larchitecte militaire Vauban, lors de sa première inspection des fortifications des Alpes en septembre 1692, alerte le roi Louis XIV de la faiblesse des fortifications de Grenoble. Dans son rapport, il ironise en les qualifiant de faibles, inachevées, mal entretenues, surtout celles de la Bastille, quil qualifie par ailleurs de mauvais réduit, ou plutôt un colifichet fermé, mais sans art ni raison, occupé par un vigneron qui en est gouverneur, du moins il en a les clefs, avec douze vaches et huit chèvres, une cavale et une bourrique pour toute garnison!.

Cependant, son programme damélioration des fortifications de la Bastille va quasiment rester lettre morte, malgré un plan de financement sur dix-huit ans, tout comme son projet dagrandissement de lenceinte de la ville vers le sud quil propose lors dune seconde visite au cours du mois de juillet 1700. Seuls quelques terrassements et deux magasins à poudre sont réalisés.

Au cours du XVIII e siècle, labsence de menace sur la frontière des Alpes entraîne un désintérêt des militaires pour Grenoble et les fortifications ne sont plus entretenues. De plus, de grandes inondations de lIsère en septembre 1733 et décembre 1741 monopolisent les esprits sur les moyens à mettre en oeuvre pour venir à bout de ces catastrophes. De nombreux projets établis par des ingénieurs et topographes entre 1741 à 1787 prévoient de détourner les eaux de la rivière au sud de la ville pour en faire un obstacle infranchissable, mais faute de moyens, ces projets pourtant approuvés par le conseil des Ponts et chaussées, sont définitivement abandonnés en 1790.

                                     

2.3. Historique des fortifications Période Haxo

Après la déroute napoléonienne en Europe, le traité de Fontainebleau en 1814 puis celui de Paris lannée suivante, remettent Grenoble sur la frontière face au royaume de Piémont-Sardaigne. Ainsi, Louis XVIII décide en 1815, de renforcer sa présence militaire aux frontières. Lannée suivante, il charge le général Haxo daméliorer les fortifications de Grenoble devenues périmées et délabrées.

De 1816 à 1820, sont effectués les relevés des niveaux par des capitaines du Génie militaire, sous les ordres du chef de bataillon du Génie, Antoine Tournadre. Après plusieurs projets de construction de fort, de va-et-vient entre Grenoble et le comité des fortifications à Paris au cours des années 1822 et 1823, le projet définitif du fort de la Bastille que lon visite de nos jours est adopté par le comité des fortifications dans sa séance du 29 août 1823. Les premiers travaux sur le site du nouveau fort et de ses fortifications débutent le 16 avril 1824. Sur place, le chef de bataillon du Génie est le commandant Tournadre.

Sur des pentes où alternent pointes rocheuses, falaises et éboulis, lutilisation de plans en courbe de niveaux permet des calculs précis dimplantation et de hauteur. Les carrières de la porte de France situées en contrebas fournissent lessentiel des pierres nécessaires qui sont hissées à dos de mulets.

Sur le versant ouest de la colline, côté porte de France, le général Haxo reprend le tracé des murs du XVII e siècle et les transforme en murailles flanquées de casemates et de bastions, le tout couronné par le donjon, le fort proprement dit, construit après la démolition de la bastille de Lesdiguières. Précédé dun fossé, ce fort est un ouvrage rectiligne composé de trois étages de casemates en pierres taillées, construit entre 1825 et 1830. Son accès est contrôlé par un pont-levis actionné par un système de contrepoids inventé sur place en 1833 par un homme du génie, le capitaine Guèze, futur responsable de la place. Les contrepoids creux en fonte semboîtent les uns dans les autres, réduisant ainsi la force exercée au fur et à mesure que la porte sélève.

Juste à ses côtés, une caserne est construite de 1827 à 1838, pour loger une centaine dhommes, officiers et sous-officiers, elle deviendra un restaurant un siècle plus tard. En contrebas de la caserne, un magasin à poudre est construit en 1836. Malgré leffondrement de sa toiture, il est encore visible de nos jours depuis le belvédère Vauban terrasse du restaurant.

Toujours sur le versant ouest, est construit en contrebas, un autre fort plus modeste avec sa citadelle, celui du Rabot, situé dans lenceinte des murailles. Construit de 1840 à 1847 à proximité de la vieille maison-forte Rabot du XV e siècle, à environ cinquante mètres au-dessus de la ville, sa vocation est dhéberger jusquà 900 hommes de troupe avec leurs officiers, dabriter les hangars dartillerie ainsi quun magasin à poudre loin du front probable dattaque. Son accès est contrôlé par une porte monumentale équipée dun pont-levis. Depuis 1970, il appartient à luniversité de Grenoble et est occupé par des résidences détudiants.

Versant est, côté porte Saint-Laurent, le général Haxo décide dun tracé des murailles plus direct que celui pris par Lesdiguières. Il construit un escalier remarquable de 380 marches, coupé de 6 en 6 par des paliers doù partent des degrés perpendiculaires qui gagnent le parapet. Il fait débuter ces travaux sur le quai de lIsère par une casemate et va ainsi bouleverser lenvironnement de léglise Saint-Laurent.

Enfin, pour faciliter les communications entre les deux branches des fortifications, une courtine située au tiers supérieur de la colline est construite. Elle relie les deux branches en suivant un tracé bastionné à peu près horizontal sur une distance denviron 500 mètres.

Parallèlement au début de la construction de ces fortifications sur la colline de la rive droite de lIsère, le nouveau maire de Grenoble, Jean-François de Pina de Saint-Didier, fait part au ministre de la guerre, de son désir dagrandissement de lenceinte de la ville sur la rive gauche de lIsère, où se trouve la plus grande partie de la ville. Mais Tournadre, le chef du Génie sur place sy oppose car son budget alloué pour la fortification des hauteurs de la rive droite serait alors insuffisant pour lagrandissement du reste de la ville. Cependant le déséquilibre entre une fortification moderne et puissante de la colline et lenceinte fragile et vieillotte de la ville ne peut subsister longtemps. Les maires successifs Félix Penet et Vincent Rivier obtiennent de nouvelles fortifications et un agrandissement à peu près rectangulaire de 50 hectares au sud de la ville entre 1832 et 1836.

Sur le chantier de la colline, les différents chefs du Génie militaire se succèdent au fil des années, Chambaud à partir de 1828, Audé en 1834 et Gay de 1836 à 1842. Le poste de directeur des fortifications est tenu successivement par Michel en 1828, Huart lannée suivante, Vauviliers en 1836 et Montmasson en 1844.

Lenvironnement de léglise Saint-Laurent est bouleversé puisque les fortifications viennent pratiquement à sa porte au point de devoir construire un tunnel protégeant le chemin à destination du fort. Les travaux du fort et de ses fortifications sont achevés le 27 février 1847 par le chef du Génie, le colonel Guèze, successeur de Gay, et auront duré 23 ans. Lannée suivante, sachève la construction du plan-relief de Grenoble, une maquette à léchelle 1/600e du site de la Bastille et de la plus grande partie de la ville, destinée aux stratèges militaires afin de préparer la défense de la ville en cas dattaque de lennemi.

Par la suite, malgré la construction de la ceinture fortifiée de Grenoble dans les années 1870, une petite garnison de soldats est maintenue dans le fort jusquen 1940 alors que dès 1934 leur caserne est transformée en restaurant à loccasion de la mise en service du téléphérique. Depuis 1970, lensemble du fort appartient à la ville de Grenoble. Cest en novembre 1973 que la ville ouvre le chemin piétonnier qui est utilisé actuellement pour accéder à la Bastille.

De nos jours, quelques bastions des fortifications édifiées par Lesdiguières subsistent encore dans les lacets de la route provenant de La Tronche, mais ils restent difficiles daccès car situés sur des propriétés privées. Le fort supporte deux pylônes portant des émetteurs des services de sécurité de Grenoble et de radio Kol Hachalom. Lensemble des ouvrages militaires de la Bastille fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 janvier 1989.

                                     

3. Système de défense

Le fort de la Bastille nest pas prévu pour diriger ses tirs sur la ville en contrebas, ils seraient trop imprécis pour lartillerie de lépoque. Son seul point faible est la Chartreuse qui le domine, cest pourquoi, tous les ouvrages sont organisés pour tirer vers la montagne et parer une attaque venant de la Chartreuse. Ainsi, le donjon qui na rien de médiéval épouse le relief, camouflé sous une couche de végétation pour surprendre lennemi. Il est isolé du reste de la montagne par un glacis et par des douves. Le fossé du donjon est défendu grâce à deux demi-bastions. Ces derniers permettent des tirs croisés sur chaque accès du fossé.

En 1844, pour compléter le dispositif, des cavernes toutes reliées entre elles sont creusées dans la falaise du mont Jalla devant le fort. Un chemin non visible depuis le glacis, puis un souterrain permettent une circulation des soldats entre ces cavernes et le pont levis de lentrée du fort. Ces cavernes-batteries assez volumineuses pour abriter un entrepôt de munitions permettent des feux de revers. Les éventuels assaillants se seraient retrouvés entre deux feux venant de directions opposées. À noter que lappellation locale de ces grottes dites de Mandrin représente un anachronisme évident car le bandit dauphinois est mort 90 ans avant leur construction.

Un autre principe général du fort est dobtenir un maximum demplacements de tirs pour balayer les versants extérieurs boisés. De nombreuses casemates voûtées desservent des embrasures dartillerie et au-dessus se trouvent des banquettes pour tireurs au fusil. On construit des casemates imaginées par Haxo, ouvertes à larrière pour assurer lévacuation des fumées dégagées par la poudre noire des armes à feu.

À lorigine, la Bastille est conçue pour défendre Grenoble des attaques savoyardes, la frontière se trouvant toute proche car le Duché de Savoie nest pas encore français à la fin de la construction. Mais cette frontière prend son emplacement actuel avec lannexion de la Savoie par la France en 1860 et la menace disparaît. De plus, linvention du canon moderne canon rayé assurant une grande précision, et obus remplaçant le boulet assurant des dégâts considérables rend le fort inutile. Ainsi, le système de défense de la Bastille et les derniers remparts ceinturant la ville nont jamais été utilisés en temps de guerre. Linventaire de lartillerie utilisable au fort de la Bastille pour soutenir la ceinture des six autres forts est de 22 pièces en 1879, 83 pièces en 1884 et 26 pièces en 1913.



                                     

4. Tourisme

"Je nai pas la force de décrire la vue admirable et changeant tous les cent pas, que lon a depuis la Bastille…". Cest par ces mots que Stendhal rend hommage à ce lieu en 1837, dans son ouvrage Mémoires dun touriste.

Le site dispose de deux restaurants avec le restaurant du téléphérique et celui du PèrGras installé depuis 1896 à la sortie de lesplanade du glacis, dont la rénovation en 2007 lui a donné des murs de couleur rouge caractéristique. En 2016, ce dernier restaurant qui avait exploité les vignes lentourant de 1950 à 1974, annonce pouvoir relancer cette activité afin de produire un vin blanc de la Bastille à lhorizon 2020. La Bastille a subi en 2005 des travaux afin de rendre lensemble du fort entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. Deux ascenseurs ont été installés, lun pour desservir la gare du téléphérique et lautre la terrasse Vauban. Simultanément, lancien poste de garde du fort est devenu une sandwicherie. Lieu danimation avec des tyroliennes et des parcours acrobatiques, la Bastille est aussi un lieu de manifestations événementielles et culturelles en devenant le point darrivée dune course pédestre montée de la Bastille et dune course cycliste prise de la bastille.

Tous les lieux de ce patrimoine historique rappellent les protagonistes de la fortification de la colline. La place centrale du fort est devenue place Tournadre, la place surélevée entre le restaurant et le fort, place Haxo, la terrasse du restaurant est le belvédère Vauban et la grande salle de réunions ou dexpositions du fort est la salle Lesdiguières.

Inscrite à linventaire supplémentaire des monuments historiques, dotée de nombreux attraits touristiques, intégrée à la zone naturelle dintérêt écologique, faunistique et floristique du mont Jalla, cette construction idéalement positionnée au-dessus dune colline de 30 hectares despace public, permet dadmirer trois massifs montagneux, le massif du Vercors, la Chartreuse, la chaîne de Belledonne et par temps clair, le mont Blanc distant de 113 kilomètres. En 2010, la ville de Grenoble demande à lObservatoire des sciences de lUnivers de réaliser un sentier géologique dans la montée côté Saint-Laurent, expliquant lhistoire des reliefs, des roches et des activités humaines.

                                     

4.1. Tourisme Téléphérique

Le téléphérique de Grenoble Bastille reliant la Bastille au centre de Grenoble est aussi célèbre que le fort. Construit sur linitiative du maire Paul Mistral, il est inauguré par son successeur Léon Martin en septembre 1934.

Comptant parmi les plus anciens téléphériques urbains dans le monde, il fonctionne toute lannée 4 000 heures douverture chaque année contre 1 200 pour un téléphérique classique. Géré depuis 1983 par la régie du téléphérique de Grenoble, établissement public à caractère industriel et commercial, qui orchestre les réalisations destinées à valoriser le site. Son parcours enjambe lIsère en survolant les toits du vieux quartier Saint Laurent avant de franchir un bastion de la courtine.

En 1976, la gare de départ est reconstruite en léger retrait des quais et les cabines en forme de sphère surnommées les "bulles" font leur apparition. Elles sont au nombre de cinq en été et quatre durant lhiver.

Actuellement, environ 300 000 visiteurs empruntent chaque année ce téléphérique pour admirer la ville et les vallées à partir de lun des plus beaux point de vue de Grenoble. En 2011, la régie gestionnaire du téléphérique annonce que douze millions de personnes avaient été transportées depuis sa création en 1934.

Mais il faut également compter les automobilistes qui choisissent de gravir la route escarpée qui grimpe au sommet, ainsi que les marcheurs qui ont le choix entre deux chemins pédestres jalonnés descaliers suivant les deux branches de fortifications.

À la sortie de la gare supérieure, la terrasse des géologues accueille les visiteurs au bout de laquelle se trouve une stèle commémorative portant les trois médaillons des géologues alpins Charles Lory, Pierre Termier et Wilfrid Kilian.

                                     

4.2. Tourisme Musées

Sur un plan culturel, lensemble de la colline de la Bastille dispose de quatre musées et dun Centre de culture scientifique, technique et industrielle. Au bas de la colline se trouve le quartier Saint-Laurent, premier site funéraire de la ville à lépoque gallo-romaine, il possède donc le musée archéologique Grenoble Saint-Laurent et à proximité immédiate, le CCSTI de Grenoble, installé depuis 1979 dans la dernière casemate des fortifications.

Le niveau intermédiaire de la colline abrite le musée dauphinois depuis 1968. Il est installé dans lancien couvent de Sainte-Marie-den-Haut achevé en 1621 et accessible en voiture depuis les quais, ou à pied par la montée de Chalemont, ancienne voie romaine utilisée jusquà la fin du XIV e siècle pour arriver à Grenoble. Le gouverneur de Grenoble, Enguerrand dEudin, fait creuser à cette époque le rocher bordant lIsère entre le port de la Roche et le site actuel de la porte de France, sur une distance denviron 300 mètres, afin dy créer un nouvel accès plus pratique à la ville.

Installé dans les casemates du fort, le centre dart Bastille permet aux visiteurs de découvrir des expositions dart contemporain juste en dessous de la terrasse des géologues, tandis que le musée des troupes de montagne, installé dans les salles casematées du donjon sintègre parfaitement dans les lieux. En 2008, lors du quarantième anniversaire des Jeux olympiques dhiver de 1968, le conservatoire observatoire laboratoire des Jeux olympiques de Grenoble organise une exposition à lintérieur du fort afin de raviver lhistoire olympique de la ville.

                                     

4.3. Tourisme Grottes de Mandrin

De nombreux touristes empruntent le chemin souterrain en contrebas de la sortie du fort, permettant daller visiter les grottes de Mandrin et de ressortir sur lesplanade du glacis, tout près du second restaurant de la colline. Ces grottes ont été creusées dans la roche, nécessitant également le creusement dun vertigineux escalier afin de pouvoir y envoyer des soldats du fort et prendre à revers un ennemi arrivant au niveau du glacis. Reliées entre elles par des passages plus étroits, elles étaient suffisamment volumineuses pour entreposer canons et munitions.

Le chemin du retour depuis le glacis peut être effectué par la route daccès au fort, qui au passage, permet de se rendre compte des dimensions du glacis, de la largeur du fossé du donjon et de la hauteur du fort. Laller-retour seffectue en 30 minutes.

Depuis le 31 mars 2012, une tyrolienne relie les grottes de Mandrin au toit du fort sur une distance denviron 300 mètres.



                                     

4.4. Tourisme Mont Jalla

Au-dessus de la Bastille, à 630 mètres daltitude, le mont Jalla est accessible à pied en 30 minutes depuis le glacis du fort. On y découvre les ruines du téléphérique ayant servi au transport de la pierre calcaire extraite des carrières Vicat à partir de 1875, mais surtout le mémorial national des troupes de montagne situé à proximité dun belvédère dominant le fort de la Bastille.

Ce mémorial inauguré le 17 juin 2000 est dédié aux 150 000 soldats de montagne, surnommés les Diables bleus, tombés au combat depuis leur création en 1888.

Les sentiers qui montent à la Bastille sont connectés au réseau pédestre départemental et national GR, ce qui permet de continuer les balades et randonnées dans le reste de la Chartreuse.

                                     

4.5. Tourisme Jardin des Dauphins

Le site acheté en 1785 par un négociant grenoblois, Jean-Baptiste Dolle, dont le jardin porta longtemps son nom, est situé au pied de la colline de la Bastille, perché sur une falaise près de la porte de France. Restauré et ouvert en 1909 sous la municipalité de Félix Viallet par larchitecte Jean Ginet, le jardin dont le nom fait référence aux dauphins de Viennois qui régnèrent sur le Dauphiné, va prendre la physionomie quon lui connait aujourdhui. Au cours de cet aménagement, un boulet de canon est retrouvé sur cet ancien site militaire et va être mis en évidence sur le chemin des touristes en étant encastré dans la roche. En 1912, une table de lecture du panorama est installée par le Touring club de France.

Lorientation de la montagne et le terrain calcaire et sec créent un micro-climat méditerranéen et ont permis létablissement dune flore méridionale dans ce jardin 200 espèces méditerranéennes, notamment de nombreux chênes pubescents, des araucarias, des cyprès, des bananiers, ou des oliviers.

Les visiteurs sont accueillis dans ce jardin de deux hectares par la statue équestre dune héroïne dauphinoise, Philis de La Charce, acquise par la ville en janvier 1904 mais qui ne sera installée dans le jardin que le 4 mai 1913 après proposition du syndicat dinitiative gestionnaire du site. Le parcours chemine ensuite de terrasses en terrasses dans les fortifications utilisant deux tunnels et une tour descaliers. Au-dessus du jardin des dauphins, après un petit pont de bois enjambant le fossé des fortifications, commence le parc Guy Pape. On y voit encore, isolée dans la végétation mais visible depuis la ville, les ruines de sa maison datant du XV e siècle. Les falaises surplombant ce parc accueillent depuis 1999, la deuxième partie de la via ferrata de Grenoble.

                                     

4.6. Tourisme Route de la Bastille

La route goudronnée qui mène au fort de la Bastille est très singulière. Démarrant dans la ville de La Tronche, elle attire la curiosité de nombreux sportifs du fait de son profil hors norme: la montée est longue de 1.9 km avec une pente moyenne de 15 % pour 270 mètres de dénivelé et un sommet perché à 501 mètres daltitude. Il sagit dune des routes les plus pentues de France, présentant des passages à plus de 30 % à lintérieur de certains virages et à 23 % en ligne droite. Elle représente donc une curiosité pour les cyclistes régionaux, qui peuvent se frotter à ces pentes uniques en France sur une telle distance.

Cette montée a été également le théâtre de sept arrivées du critérium du Dauphiné Libéré entre 1977 et 2000. Cependant, malgré les fréquents passages du Tour de France dans la ville de Grenoble, létroitesse de la route, ainsi que sa pente hors norme et le manque de place au sommet, nont jamais permis à la montée daccueillir cette épreuve reine du cyclisme en France.

Pour les cyclistes amateurs, une course annuelle est organisée chaque année depuis 1999 au mois de septembre, nommée "La Prise de la Bastille".

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